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Singapour

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I. SINGAPOUR D'HIER À AUJOURD'HUI : UNE MÉTAMORPHOSE SPECTACULAIRE

A. SINGAPOUR HIER
Les récits écrits sur la naissance de Singapour sont rares. Singapour est mentionné en 1365 dans des récits japonais comme la ville de la mer. Son nom sanskrit, Singapour (la ville du lion) est couramment utilisé dès le XIVe siècle. Au début du XVe siècle, Singapour devient vassal de l'Etat Thaï. Après l'arrivée des Portugais à Malacca en 1511, le sultanat de Malacca étend rapidement son autorité sur l'île.

En 1826, Singapour, Malacca et Penang sont réunis sous l'administration commune de l'Inde britannique -les " Straits Settlements "- pour devenir colonies de la Couronne en 1867. Une conjoncture exceptionnelle -l'ouverture du canal de Suez en 1869 puis le développement de la navigation à vapeur- consacre alors Singapour dans sa vocation portuaire, tandis que la prise de possession de la Malaisie par les Britanniques, la mise en valeur de l'étain et de l'hévéa, provoquent un appel massif à la main-d'oeuvre chinoise, dont Singapour devient la plaque tournante. Singapour, grand port d'entrepôt, sert de débouché au monde malais mais aussi, avec le tournant du siècle, voit naître une activité industrielle liée tout d'abord à l'activité portuaire puis au développement du marché intérieur.
Entre 1830 et 1870, une première vague migratoire, essentiellement chinoise, est favorisée par les Britanniques, portant la population à plus de 100.000 habitants. Mais c'est après 1870 que l'immigration chinoise prend un caractère massif : 654.000 Chinois sont ainsi présents en 1909.
Dans les années 1930, la menace japonaise, soulignée par l'invasion de la Mandchourie puis de la Chine en 1937, conduit les Britanniques à implanter à Singapour leur plus puissante base navale en Extrême-Orient, considérée comme un verrou contre l'avancée japonaise. Mais les Japonais déferlent au nord, via la péninsule malaise, à Singapour, qui tombe le 15 février 1942, pour n'être libérée que le 5 septembre 1945 par les forces alliés.

La nouvelle donne internationale de l'après-guerre amène les Anglais à considérer que Singapour doit être dotée d'un statut à part ; différentes constitutions successives sont alors mises en oeuvre, pour aboutir à la constitution du 3 juin 1959, après des élections qui donnent la majorité au People's Action Party (PAP), dont le leader et fondateur de la République, Lee Kuan Yew, devient Premier ministre. L'objectif du PAP est alors l'indépendance par fusion avec la Fédération malaise, réalisée le 16 septembre 1963. Mais les difficultés se multiplient dès 1964 : des troubles raciaux et des affrontements meurtriers ont lieu à Singapour, ainsi que des agressions et actes de sabotage indonésiens tout au long de l'année contre Singapour et la Malaisie. Le résultat de telles secousses est la proclamation de l'indépendance de la République de Singapour, entité distincte de la Malaisie
Transition démographique, développement urbain et première diversification industrielle
a) Une transition démographique rapide amorcée dans les années 1960
A la forte croissance démographique prévalant, jusque dans les années 1960 (avec des taux d'accroissement naturel de 30 %o par an), liée à une forte natalité (38 %o) et à une mortalité déjà très faible (8 %o), a succédé, dès la fin de cette décennie, une transition démographique rapide.
Singapour en est aujourd'hui arrivé à avoir une des croissances démographiques les plus faibles de l'Asie -comme le Japon-, soit un taux de 10 % en 1993, découlant d'un taux de mortalité resté à son niveau le plus bas et d'un taux de natalité abaissé à 15,2 %.
b) Un développement urbain accéléré, organisé par des agences d'Etat
A partir de l'arrivée des Britanniques en 1819, le premier noyau urbain s'ancre sur la rivière Singapour, face à la meilleure rade portuaire. Cette urbanisation s'inscrit dans la tradition des villes-comptoirs de la Compagnie des Indes orientales, relativement hiérarchisée.
Mais très vite Singapour connaît un rythme de croissance de sa population bien supérieur à celui des autres villes-comptoirs de la région. En 1870, sa population dépasse déjà les 100.000 habitants.
Le 1er février 1960 est créé le " Housing Development Board " (HDB), agence d'Etat qui met en oeuvre, par programmes quinquennaux, une immense entreprise de relogement en unités de type HLM : de 50.000 de 1960 à 1965, plus de 65.000 de 1966 à 1970, 113.000 de 1971 à 1975 et plus de 130.000 de 1978 à 1982. Au total, en trente ans, près de 80 % de la population singapourienne a été ainsi relogée, dont la majorité dans une douzaine de villes nouvelles. Un système de prélèvement sur les salaires permet d'ailleurs à 80 % environ des ménages d'accéder à la propriété de leur logement.


c) Une première diversification industrielle à l'issue de l'indépendance
L'économie singapourienne est, au début du siècle, dominée par les activités portuaires (commerce d'entrepôt, export d'étain et de caoutchouc produits en Malaisie), ainsi que par l'activité de la base navale britannique.

Avec l'indépendance en 1965 et la scission d'avec la Malaisie, qui entraîne la perte de l'hinterland malais, puis le retrait des forces navales britanniques en 1971 -qui assuraient jusque là environ le cinquième du PNB de l'île- l'économie singapourienne doit se reconvertir. C'est à cette époque qu'on assiste aux premiers développements du tourisme de masse, à la reprise du commerce avec l'Indonésie et, surtout au démarrage de l'exploitation pétrolière off shore. C'est sur ces bases que Singapour entreprend le processus d'industrialisation accélérée qui sera étudié plus en détail ci-après et qui a conduit à une transformation structurelle de l'industrie singapourienne qui, d'industrie de main-d'oeuvre, se tourne vers les marchés d'exportation pour des productions de plus en plus sophistiquées.

B. SINGAPOUR AUJOURD'HUI
La République de Singapour est située à 137 km au nord de l'équateur et marque l'entrée du détroit de Malacca, reliant l'Océan Indien au Pacifique. Elle occupe donc une position géographique stratégique .

L'Etat de Singapour (660 km²) est composé d'une soixantaine d'îles et d'îlots, situés à l'extrémité de la péninsule malaise et compte, en décembre 2000, 4,017 millions d'habitants, dont l'essentiel peuple l'île principale -42 km de longueur sur 23 km de largeur-, qui est reliée à la péninsule malaise par une digue routière et ferroviaire. La densité de population atteint 5.900 habitants .

Le tableau comparatif ci-dessous illustre les particularités géographiques de l'Ile-Etat
GÉOGRAPHIE COMPARÉE : SUPERFICIE ET DENSITÉ

Singapour France Allemagne Hong Kong Taiwan
Superficie (en milliers de km2) 0,66 544,0 357,0 1,09 36,0
Densité moyenne (habitant/ km2) 5 900 108 230 6 204 608

Source : " Singapour en chiffres "

Cette contrainte spatiale explique que l'île de Singapour soit urbanisée à 50 %, y compris les sites industriels. Environ 1,5 % seulement de la surface est utilisée à des fins agricoles. Le reste du pays est occupé par des forêts, des plans d'eau artificiels (réservoirs d'eau douce alimentés par les eaux de pluie), des parcs et des routes.

II. DU MIRACLE ÉCONOMIQUE À LA SORTIE DE CRISE

Depuis l'indépendance, Singapour a mis en oeuvre une stratégie économique d'industrialisation rapide fondée sur l'exportation et sur la sophistication progressive de ses activités, qui a permis une croissance très rapide de l'économie et en a fait, avec la Corée du Sud, Taiwan et Hong Kong, l'un des " petits frères " du Japon, connus sous le nom de " nouveaux pays industrialisés " (NPI), ou " dragons " asiatiques.

A. UN MIRACLE ÉCONOMIQUE QUI SYMBOLISE LA MONTÉE EN PUISSANCE DES " DRAGONS " DU SUD-EST ASIATIQUE
La stratégie économique d'exportation et de " remontée de filière ", mise en oeuvre à Singapour, a donné des résultats remarquables. Quelques chiffres permettent de le mesurer : la croissance a été fulgurante, en termes de PIB (10 % de croissance annuelle moyenne pendant les vingt premières années d'existence de la république de Singapour), ainsi qu'en termes de valeur ajoutée : 28 % en 1970, 13 % en 1977 (choc pétrolier) et 33 % en 1980.

Le rôle des pouvoirs publics dans la mise en oeuvre de cette stratégie a été particulièrement décisif, par la création d'entreprises d'Etat (chantiers navals Keppel, Singapore Petroleum, National Iron and Steel Mill, Singapore Electronics, industries alimentaires et du bois) et par la mise en place d'organismes spécialisés (Development Bank of Singapore, Economic Development Board, International Trading Company, Jurong Town Corporation).

Les investissements étrangers ont été vigoureusement encouragés, non seulement par la disponibilité d'une main-d'oeuvre efficace, mais aussi par un vaste dispositif de mesures incitatives, comme l'exonération fiscale pendant cinq à dix ans selon la nature de l'investissement, la réduction de l'impôt sur les bénéfices à l'exportation ou encore, l'exonération des droits de douane pour les matières premières.
1. L'industrialisation par l'exportation : la voie du rattrapage économique suivie par les NPI d'Asie
A la suite du Japon, qui apparaît, malgré ses spécificités dans l'ensemble de l'Asie orientale, comme le précurseur de cette stratégie, Singapour s'est engagé, aux lendemains de son indépendance, dans une stratégie économique baptisée, par la suite, par les théoriciens de l'ajustement structurel et du rattrapage économique, de stratégie " d'industrialisation par l'exportation ".
a) Un développement industriel massif, tourné exclusivement vers l'exportation
Pour schématiser les différentes étapes de ce processus, on peut dire qu'il commence, dans de nombreux pays (Singapour étant du fait de la géographie, dans une situation particulière à cet égard) par une réforme des structures agraires et une " révolution verte " augmentant les rendements agricoles. Puis, toujours au stade initial, se développe une industrie de main-d'oeuvre peu qualifiée, de niveau technique et de complexité faibles, tournée vers l'exportation. Ce type de développement est très fortement créateur d'emplois : en conséquence, la part du secteur manufacturier dans l'emploi total devient prépondérante. Cette évolution est manifeste au Japon et chez les quatre dragons depuis 1950 . On peut estimer que le Japon, Hong Kong et Singapour ont atteint au milieu des années soixante-dix le stade dit " d'industrialisation maximale ".

b) Une stratégie de " niches " et de spécialisation
Chaque pays se spécialise dans la conquête d'un marché mondial, ce qui lui offre des débouchés quasi-illimités. L'exemple traditionnel est celui de l'industrie de la photo : inexistante dans les années 1950, elle se développe au Japon dans les années 1960 où elle est exportée à 80 % (en valeur).

Chaque pays d'Asie s'attache ainsi à conquérir une position dominante dans une ou plusieurs industries particulières : Singapour devient leader mondial des disques durs pour ordinateurs personnels, Hong Kong leader du jouet électronique, et Taiwan pour les consoles d'ordinateurs. En définitive, ces pays se forgent un avantage compétitif apprécié sur le marché mondial, qui leur permet d'amorcer une remontée de filière vers les productions et technologies à plus forte valeur ajoutée.

La stratégie de promotion des exportations n'a pas pour objectif de développer une économie nationale autosuffisante, mais, au contraire, vise à s'insérer de façon optimale dans la division internationale du travail. L'économie peut donc avoir une structure industrielle déséquilibrée et être organisée autour de quelques niches d'activités.

Cette stratégie se double d'une tactique d'élimination de la concurrence par un avantage de prix qui autorise la conquête fulgurante des marchés mondiaux, grâce à l'utilisation des techniques modernes de production, à l'achat de composants intermédiaires aux meilleurs prix mondiaux, à la qualité d'une main-d'oeuvre initialement bon marché et, dans les années concernées, à une parité monétaire offrant une prime de compétitivité.

Initialement très concentrées sur quelques spécialités, les exportations se diversifient et se sophistiquent par la suite. On estime qu'au moins trois vagues de spécialisations se sont succédées pour les NPI, de produits peu élaborés vers les produits de haute technologie : une division verticale du travail s'instaure d'ailleurs, entre les pays les plus développés et leurs voisins, au fur et à mesure de la montée en gamme du tissu industriel de ces pays.
c) Une augmentation corrélative des revenus et de l'épargne
Parallèlement, et contrairement à une idée généralement répandue, les analyses concordent pour estimer que les revenus de la population s'accroissent rapidement, dès le début du processus d'industrialisation rapide, mais en partant, il est vrai, d'un niveau très bas. L'appel massif à la main-d'oeuvre féminine est une caractéristique commune à tous les dragons d'Asie, qui entraîne des modifications sociales très profondes et explique en partie la chute rapide du taux de fécondité.

L'accroissement rapide des rémunérations -qui n'exclut pas la dispersion des revenus- dans les pays concernés entre 1950 et 1985 est détaillée dans le tableau ci-dessous :
CROISSANCE DES SALAIRES RÉELS AU COURS DES TROIS ÉTAPES DU DÉCOLLAGE ÉCONOMIQUE DU JAPON ET DES NPI D'ASIE
(taux de croissance annuel moyen en %)

Phase initiale Décollage " Boom "
Japon 1952-56 2,5 1956-63 3,6 1963-73 8,2
Corée du sud 1957-64 0,0 1966-75 7,9 1975-79 9,3
Taiwan 1952-60 2,4 1960-73 4,1 1974-85 7,3
Hong Kong nd nd 1964-75 3,3 1981-86 7,6
Singapour 1956-74 0,0 1974-78 5,2 1980-85 6,7

Source : " Le développement économique de l'Asie orientale ", op.cité.
Cette montée rapide des salaires, en affectant la compétitivité-coût, incite à effectuer des gains de productivité et à introduire des améliorations technologiques, et sert ainsi de moteur au processus de remontée de filière.

L'accumulation du capital est corrélativement favorisée par l'accroissement très rapide de l'épargne domestique, qui est en partie une épargne forcée (liée à la précarité des systèmes d'assurance sociale et de retraite, ou à la restriction d'accès à certains biens durables comme l'automobile, par exemple). Des chiffres édités en 1994 par la Banque mondiale sont à cet égard particulièrement significatifs :
MONTÉE DE L'ÉPARGNE DANS L'ASIE ORIENTALE ENTRE 1965 ET 1992

(PART DE L'ÉPARGNE BRUTE DANS LE PIB EN %)

1965 1992 Variation
Japon 31 34 +3
Corée 8 35 +27
Taiwan 20 39 +19
Hong Kong 31 31 -
Singapour 30 40 +10

Source : World Tables, Banque mondiale, 1994.

On notera toutefois que l'accroissement de l'épargne domestique n'a pas été, chronologiquement, une condition, mais plutôt une conséquence du décollage économique. En général, l'investissement a précédé l'épargne, en faisant appel soit à l'endettement (comme au Japon ou en Corée), soit aux capitaux étrangers (comme à Singapour). La part de l'investissement dans le PIB des NPI a d'ailleurs très rapidement augmenté ces 25 dernières années, et particulièrement l'investissement privé.
d) Le parti pris de l'insertion dans les échanges internationaux
La réussite de cette stratégie d'industrialisation par l'exportation repose sur une bonne insertion dans les échanges internationaux, grâce à la diversification progressive des exportations. Ainsi, dans une première période, les produits exportés par les NPI d'Asie étaient-ils essentiellement des produits traditionnels, liés à des savoir-faire locaux ou issus de matières premières, ou des produits d'assemblage.

Dans un second temps, ces économies ont servi de sous-traitants internationaux, aux activités parfois localisées, en vertu des réglementations locales, dans des zones franches d'exportation, qui ont ainsi favorisé la constitution de véritables " places " spécialisées, cristallisant le développement. Ces dernières ont eu un rôle essentiel à Singapour et à Hong Kong, notamment.
2. Singapour, un modèle de développement
Singapour a mis en oeuvre dès les années 1960 la stratégie d'industrialisation par l'exportation décrite ci-dessus. Remontant sans cesse vers les activités à plus forte valeur ajoutée, l'économie singapourienne n'a cessé de se renouveler et de se diversifier, au point qu'elle est aujourd'hui dominée par les services et non plus par l'industrie, bien qu'elle dispose encore d'un solide tissu industriel, orienté de plus en plus vers la haute technologie.
a) Un pays riche
Quelques chiffres permettront de mesurer l'ampleur du chemin parcouru et montrent que Singapour n'a désormais plus rien à envier, en termes de niveau de vie, aux pays occidentaux :
SINGAPOUR, PRINCIPALES DONNÉES ÉCONOMIQUES

1980 1990 1998 1999
PIB (en millions de SGD) 25 091,0 66 406,3 141 262,0 143 981,3
PNB (en millions de SGD) 24 047 68 230,3 148 508,5 154 659,3
PIB par habitant (en SGD) 9 882,3 22 620 38 418 39 721,4
Balance des paiements (en milliards de SGD) 1,4 9,9 4,9 7,3

NB : SGD = dollar singapourien (1 SGD = 4,2 FF)
b) Une économie industrielle tournée vers les services et les secteurs d'avenir
1. Prédominance des services

Les services sont désormais prédominants en termes d'activité dans l'économie singapourienne.
Cherchant à concurrencer Hong-Kong comme place financière asiatique, l'Ile-Etat dispose du troisième centre bancaire de la région, mais qui est parmi les plus " solides " de la zone. En effet, Singapour fait figure de " Suisse " de l'Asie, marché stable aux risques limités et bénéficiant de surplus budgétaires structurels.

En 1997, la place financière de Singapour était composée de 37 banques universelles, 17 banques spécialisées et 104 banques " offshore " et filiales de banques étrangères. Singapour est devenu le 4ème marché mondial de devises. Ses activités boursières se modernisent, avec la fusion des marchés d'actifs et de produits dérivés Un accord d'interconnexion avec d'autre places de marché est en cours de mise en oeuvre.

Depuis la crise asiatique, Singapour a engagé une déréglementation progressive de son secteur financier, mise en oeuvre par l'autorité monétaire, dont l'objectif est d'aboutir, en 5 ans, à une libéralisation complète du secteur financier.

2. Qualité des infrastructures

Singapour bénéficie d'infrastructures nombreuses et de bonne qualité. Outre l'aéroport international de Changi, avec un trafic annuel de 28 millions de passagers, (soit 7 fois la population), le réseau routier et de transports publics, ce sont bien sûr les installations portuaires qui retiennent tout particulièrement l'attention.
SINGAPOUR, PARMI LES PREMIÈRES PLACES PORTUAIRES MONDIALES
Singapour est le premier port mondial en termes de tonnage et le deuxième opérateur portuaire de conteneurs derrière Hong Kong. La performance des infrastructures logistiques de Singapour, sans cesse modernisées, joue un rôle décisif. 55 % du commerce extérieur se fait avec l'Asie, 42 % des importations sont réexportées, et le commerce extérieur de Singapour représente 11 % de celui de l'Asie (hors Japon)


L'activité portuaire est en effet particulièrement intense et reflète l'importance de Singapour comme plaque tournante du commerce international.

3. Importance et montée en gamme de la base industrielle

L'économie singapourienne est relativement diversifiée : indépendamment des activités de commerce et financières, le secteur électronique (le plus important) et la pétrochimie sont les deux pôles actuels d'excellence industrielle. L'Etat poursuit une politique volontariste de montée en gamme et de positionnement dans des secteurs fortement créateurs de valeur. Le but des autorités singapouriennes est de maintenir à 25 % la contribution de l'industrie au PIB et à 20 % la proportion de la main-d'oeuvre employée dans le secteur industriel.

A cet égard, la construction d'un nouveau pôle pétrochimique, que la délégation a visité, illustre la politique gouvernementale.

Avec l'installation depuis les années 1960 de plusieurs raffineries et usines pétrochimiques sur 7 îles au sud-ouest de Singapour, il est apparu opportun aux autorités singapouriennes de favoriser l'émergence d'un pôle pétrochimique dans le pays. Il a donc été décidé de procéder à la poldérisation de 7 îles pour en former une unique, Jurong Island, dotée des infrastructures nécessaires à l'accueil d'un grand nombre d'entreprises du secteur de la pétrochimie et de la chimie.
En terme de capacité de raffinage, Singapour occupe, avec 1.260 millions de barils/jour, la cinquième place en Asie, derrière le Japon, la Chine, la Corée du Sud et l'Inde. Mais en tant que pôle de raffinage, Jurong détient le leadership depuis les années 1960.


b) Qualité de main-d'oeuvre et absence de chômage
Le taux de chômage à Singapour est très faible, proche du taux incompressible de " chômage naturel " :
LE MARCHÉ DU TRAVAIL À SINGAPOUR

1995 1996 1997 1998 1999
Population active en milliers 1 749 1 802 1 876 1 932 1 976
Population employée 1 702 1 748 1 830 1 870 1 886
Taux de chômage 2 % 2 % 1,8 % 3,2 % 3,5 %
Nombre d'emplois crées 109 000 102 600 120 300 -23 400 39 900

Source : Ministry of Manpower

Aussi le recours à la main d'oeuvre étrangère qualifiée est une nécessité pour l'économie singapourienne. Depuis 1997, le Gouvernement singapourien considère que pour son développement économique, Singapour doit ouvrir ses portes aux meilleurs talents mondiaux. Un certain nombre de mesures ont été prises dans ce sens, comme l'augmentation des quotas d'étrangers autorisés dans les sociétés, des facilités en matière de logement bon marché ou encore la mise en place d'une nouvelle nomenclature incitative des permis de travail.


c) Une économie ouverte et une véritable plate-forme régionale
L'ouverture aux échanges de la Cité-Etat est tout à fait exceptionnelle: son commerce extérieur total représente près de trois fois son PIB.
COMMERCE EXTÉRIEUR

1995 1996 1997 1998 1999
VALEUR TOTALE
Total (prix courants, millions de SGD) 343 828 361 455 382 218 353 627 382 431
Exportations 167 515 176 272 185 613 183 763 194 920
dont exportations domestiques 98 473 103 589 107 535 105 918 116 325
dont exportations non pétrolières 84 751 87 038 91 624 92 445 101 182
dont re-exportations 69 042 72 683 78 077 77 846 77 965
Importations 176 313 185 183 196 605 169 863 188 142
CROISSANCE EN %
Total (prix courants) augmentation en % 13,2 5,1 5,7 -7,5 8,1
Exportations 13,7 5,2 5,3 -1,0 5,7
dont exportations domestiques 11,2 5,2 3,8 -1,5 9,8
dont exportations non pétrolières 13,7 2,7 5,3 0,9 9,5
don re-exportations 17,4 5,3 7,4 -0,3 0,2
Importations 12,7 5,0 6,2 -13,6 10,8

Source : Trade Development Board
L'évolution de la balance des paiements et du niveau des réserves officielles est la suivante :
BALANCE DES PAIEMENTS

1995 1996 1997 1998 1999
Balance des paiements courants (en millions de SGD) 20 462 19 597 25 112 35 188 36 026
Balance globale (en millions de SGD) 12 174 10 407 11 856 4 981 7 321

Source : Singapore Department of Statistics



RÉSERVES ÉTRANGÈRES
(en millions de SGD)
1995 1996 1997 1998 1999
Total des réserves officielles 97 337 107 751 119 617 124 584 128 457

Source : Monetary Authority of Singapore

La part de marché mondiale de la Cité-Etat a progressé de manière continue de 1991 (1,69 %) à 1996 (2,34 %) et représentait, en 1999, 2,04 %.

La promotion des exportations (135 % du PIB en 1999) et l'ouverture aux investissements directs étrangers (94 % du PIB en 1999) entrent pleinement dans cette stratégie d'ouverture sur l'extérieur.

En outre, Singapour joue un rôle de plaque tournante régionale.

Sur la période 1995-2000, la part des réexportations dans les exportations totales s'est établie, en moyenne, à 40 %. Singapour sert de plate-forme régionale pour nombre de ses partenaires asiatiques : la Malaisie, Hong Kong et la République populaire de Chine, le Japon, Taiwan, la Thaïlande représentent respectivement 23 %, 8 %, 7 %, 6 % et 5 % des réexportations en 1999.
La répartition sectorielle des échanges révèle la volonté de promouvoir les produits à haute valeur ajoutée à Singapour.

En effet, si 40 % des exportations totales de Singapour sont des réexportations, les exportations domestiques non pétrolières représentent, quant à elles, 52 % du total. Cette composante-clé est dominée par les produits électroniques, dont 5 segments représentent à eux seuls 50 % du total : les lecteurs de disques (17 %), les circuits intégrés (14 %), les circuits imprimés (13 %), les PC (4 %) et les équipements de télécommunication (2,5 %). En 1999, les exportations électroniques ont affiché une progression en valeur de 6,1 %, modérée comparativement aux exportations non électroniques (+22,7 %). Toutefois, il convient de distinguer au sein de cette catégorie, les exportations des lecteurs de disques, en recul de 7,3 %, de celles des équipements de télécoms et des circuits intégrés, qui ont augmenté de 42,1 % et 19,9 % respectivement.

Par ailleurs, les exportations chimiques représentent 10,3 % des exportations domestiques non pétrolières. Elles ont augmenté de 45,1 % en 1999, dont notamment le segment des produits pharmaceutiques (+236,7 %).

Les exportations domestiques pétrolières représentent 8 % des exportations totales de Singapour. En 1999, la reprise des exportations domestiques pétrolières en valeur (+12,4 %) est directement liée à la remontée des cours du brut. L'évolution en volume est, en revanche, marquée à la baisse de 10,8 %. Les raffineries opèrent au-dessous de leurs capacités à cause des surcapacités régionales et de la concurrence induite au niveau des prix (Inde, Taiwan).

En l'absence de ressources naturelles propres et compte tenu du rôle de plate-forme régionale de Singapour et de son degré élevé d'insertion dans le " circuit intégré asiatique ", la structure sectorielle des importations, s'apparente à celle des exportations. Les biens d'équipement (qui incorporent dans ces statistiques, les produits électroniques) constituent 60 % du total, les produits pétroliers 9 %, les produits chimiques 6 %. Les produits agro-alimentaires représentent, quant à eux, 4 %.


B. LES OUTILS ET LA STRATÉGIE DU DÉVELOPPEMENT
1. La tradition d'un interventionnisme public " éclairé "
L'interventionnisme étatique est une donnée essentielle de l'histoire économique de Singapour ces trente dernières années. A tel point que certains sociologues voient dans l'intervention de l'Etat dans l'économie, fréquente en Asie, l'héritage confucéen des civilisations sinisées, ou encore une manifestation de la notion d'intérêt public, particulièrement forte dans des sociétés où le groupe prime sur l'individu.


A Singapour, plusieurs agences d'Etat sont en charge de la mise en oeuvre de la politique industrielle. Trois d'entre elles sont particulièrement significatives :

-le " Trade Development Board ", qui a 5 fonctions principales : promouvoir la liberté commerciale dans les forums de négociation internationaux ; explorer les marchés et produits susceptibles de constituer des niches pour les exportations singapouriennes ; faire de Singapour une base attractive pour les acteurs du commerce international ; développer l'infrastructure commerciale et d'affaires de Singapour ; aider les entreprises singapouriennes à investir à l'étranger ;

-l' Economic Development Board " (EDB) qui sera l'objet de plus amples développements ci-après, car elle est, depuis 1961, l'agence gouvernementale chargée de la définition et de la mise en oeuvre de la stratégie de développement économique et industriel de Singapour ;

-la " Jurong Town Corporation " (JTC), établie en 1968, qui est l'agence singapourienne chargée du développement et de la gestion des parcs industriels spécialisés. Sa mission est de soutenir la croissance de l'économie singapourienne en fournissant aux industriels un vaste choix d'installations à des prix compétitifs.
2. La culture de l'anticipation : une économie tournée vers l'avenir
a) Un recyclage économique perpétuel
Comme cela a déjà été évoqué dans les développements précédents, les pouvoirs publics singapouriens sont perpétuellement désireux de développer de nouveaux secteurs à fort potentiel et à valeur ajoutée élevée.

Un " recyclage " permanent de l'économie s'opère ainsi sous leur influence, alimentant le phénomène (accéléré par la rareté de l'espace et des ressources humaines) de destruction créatrice qui caractérise le progrès. Ainsi l'activité des chantiers navals devrait-elle disparaître prochainement pour être remplacée par des industries à plus forte valeur ajoutée.

Après l'électronique, la chimie et les services, les secteurs actuellement favorisés sont:

- les technologies de l'information ;

- les sciences de la vie.

Pour la mise en oeuvre de cette stratégie d'anticipation, l'Etat singapourien non seulement investit, comme cela vient d'être détaillé, mais prend également des risques.

Ainsi, depuis 1985, on a engagé une activité de capital risque destinée, d'une part, à développer ce secteur et, d'autre part, à servir ses propres objectifs (développement de certains secteurs industriels, émergence de sociétés leader à Singapour, accompagnement de la projection régionale des sociétés implantées dans l'île, promotion de l'investissement et de la recherche).


b) La formation de la main d'oeuvre
Singapour parie sur " l'économie de la connaissance ", qui nécessite un fort niveau d'éducation. Le programme gouvernemental " Industry 21 " (Industrie pour le XXIe siècle) cherche à attirer à Singapour les grandes universités, pour contribuer à fonder l'économie singapourienne sur le savoir, avec l'appui des réseaux de télécommunications et d'Internet.

La volonté de la Cité-Etat d'être un centre névralgique pour les technologies de l'information et la haute technologie .
Il est significatif de constater que Singapour présente un taux d'utilisation des nouvelles technologies parmi les plus élevés au monde, taux qui résulte d'une politique volontariste des autorités locales. Ainsi, en 1999, près de 59 % des foyers étaient équipés d'un ordinateur personnel (54 % aux Etats-Unis), 57 % disposaient d'un accès à Internet (40 % aux Etats-Unis) et 61 % étaient abonnés au téléphone mobile (34 % en France à cette date, ce taux ayant, depuis, augmenté), les trois-quarts des entreprises étant informatisés (81 % reliées à Internet et près d'un tiers ayant développé un site).


Le Gouvernement mène une politique active d'évaluation des besoins de formation et d'adaptation du système éducatif à l'usage des nouvelles technologies.
Le Gouvernement évalue régulièrement les besoins du pays en personnels qualifiés dans le domaine des nouvelles technologies. Ces besoins augmentent actuellement à un rythme supérieur à 10 % et devraient atteindre près de 45.000 personnes en 2000, dont la moitié dans le domaine du logiciel. Les pouvoirs publics favorisent donc l'immigration de main d'oeuvre qualifiée, particulièrement dans ce secteur.
C. DE LA CRISE À LA CROISSANCE... À LA CRISE ?

Singapour a très vite surmonté la crise asiatique, qui ne l'a d'ailleurs affecté que par ricochet.

L'objet du présent rapport n'est pas de rentrer dans l'interprétation délicate des causes de cet événement. Au-delà de la crise de confiance qui a saisi les marchés financiers, des explications macro-économiques -touchant les modalités de la croissance asiatique- et micro-économiques, portant sur les éléments structurels de l'économie, ont été avancées. On a ainsi parlé à la fois d'une crise du régime des taux de change, d'une politique monétaire inadaptée (masse excessive des crédits à l'économie), d'une financiarisation excessive des balances des paiements (avec prédominance des capitaux à court terme), d'un surinvestissement, d'une inflation des actifs, d'une mauvaise allocation des capitaux, d'une mauvaise coordination dans les termes des engagements et des placements des banques et des entreprises, ainsi que de l'immaturité des marchés financiers...

İci on va mesurer les conséquences de la crise régionale sur l'économie singapourienne.
1. Un impact mesuré de la crise asiatique de 1997
Singapour n'a été que peu affecté, dans un premier temps, par la crise financière régionale déclenchée en Thaïlande en été 1997 et qui s'est progressivement propagée, à partir de cette date, aux pays voisins.

Ce n'est qu'à la fin de 1998 que l'économie fut touchée, principalement par le biais de l'effondrement du commerce intra-asiatique, ainsi que par le recul de la demande mondiale.
Le tassement de la croissance n'aura été que très passager.
2. Une flexibilité de l'économie qui a favorisé une reprise rapide
a) La croissance retrouvée dès 1999
Une reprise " tirée " par la demande occidentale, puis asiatique .

Après la récession de 1998, Singapour a renoué avec la croissance dès 1999. La reprise de l'activité a été " tirée " par la demande extérieure, stimulée par un environnement international très porteur, notamment dans le secteur électronique, à partir de la fin 1998.

Les effets de la crise ont ainsi été amortis par le différentiel de conjoncture entre l'Asie d'une part, en récession pendant 2 ans, et les Etats-Unis et l'Europe, d'autre part. Les exportations de Singapour vers l'Asie (55 % des exportations totales en 1998) ont chuté de 5 %, tandis que les Etats-Unis et l'Europe les tiraient à un rythme de respectivement 7 % et 15 %. Par ailleurs, la dépréciation du change effectif réel a stimulé les exportations.

Il convient toutefois de noter que le rebond du commerce intra-régional en 1999 est rapidement venu prendre le relais. Les exportations vers l'Asie ont progressé de 11 % en 1999, tandis que les Etats-Unis les tiraient à un moindre rythme (de 2 %). Quant aux exportations vers l'Europe, elles ont diminué de 4 %. L'analyse géographique des exportations domestiques non pétrolières en 1999 confirme cette tendance : ces exportations n'ont augmenté que de 2,2 % vers les Etats-Unis et de 7 % vers l'Europe, alors que vers le Japon et la Malaisie les hausses respectives ont été de 38,2 % et 21,4 %.

Grâce à la spécialisation de Singapour dans le secteur électronique, l'amélioration de l'environnement économique mondial dans ce secteur a eu un effet multiplicateur sur les exportations surtout en 2000 (sur les 9 premiers mois de l'année, leur hausse a été de plus de 22 %). La demande en semi-conducteurs et en équipements de télécoms, tirée par l'usage croissant de l'Internet (+31 % en 2000, selon l'Association américaine de l'industrie du semi-conducteur) a été exceptionnellement dynamique.

Un redémarrage de la consommation domestique

Mais le retour de la croissance économique en 1999 est également dû à la reprise de la demande interne tirée par la consommation privée (+6,6 % en 1999). Les dépenses des ménages ont ainsi dépassé dès 1999 leur niveau d'avant crise. Cette reprise vigoureuse de la demande intérieure s'est traduite par un dynamisme retrouvé des importations : ces dernières ont augmenté de 9,4 % en 1999, et de 23 % sur les 9 premiers mois de l'année 2000 (in fine, la croissance sera de l'ordre de 10 %). La consommation des ménages stimulée par la remontée des prix des actifs et l'amélioration de la situation sur le marché du travail a également été en 2000 la principale source de croissance.

Cette reprise de l'activité s'est accompagnée d'un mouvement massif de reconstitution des stocks qui a apporté une contribution décisive à la croissance en 1999. Enfin, l'investissement a lui aussi affiché une reprise plus rapide que dans de nombreux autres pays asiatiques.

Depuis le début de l'année 2000, l'économie singapourienne a affiché d'excellentes performances : la croissance ne devrait pas être très loin de 10 % sur l'ensemble de l'année 2000. Néanmoins, ce bon résultat d'ensemble masque des disparités sectorielles : si le secteur manufacturier fait preuve d'un grand dynamisme, d'autres secteurs comme l'immobilier sont moins bien orientés. L'inflation reste modérée (1,5 % en glissement annuel au troisième trimestre) malgré la vigueur de l'activité et la hausse des prix des matières premières.

La convalescence de l'économie singapourienne a donc été particulièrement rapide.
b) Le choix délibéré de la flexibilité pour accommoder la crise
Il faut dire que les autorités locales ont utilisé une large palette d'instruments de politique économique pour accommoder le choc de la crise et favoriser la reprise.

Alors que, traditionnellement, les autorités locales ont un objectif d'appréciation réelle de la devise singapourienne, pour favoriser la montée en gamme de l'économie, elles ont, durant la crise, laissé glisser la monnaie pour préserver la compétitivité du pays. Depuis, le taux de change du dollar singapourien vis-à-vis du dollar américain a peu fluctué et le dollar singapourien ne s'est que légèrement déprécié en termes réels, compte tenu de l'absence de pressions inflationnistes.

Ce n'est que sous l'effet d'une reprise plus forte que prévue que l'exercice 2000 s'est soldé par une excédent budgétaire, les autorités locales anticipant initialement un déficit conséquent, signe d'une politique budgétaire accommodante.

Le Gouvernement a fait le choix, en 1999, d'amplifier la flexibilité de l'économie, en baissant de moitié les cotisations patronales pesant sur les employeurs (dont le taux est passé de 20 % à 10 %), afin de diminuer le coût du travail.

Les salaires ont également été baissés de 15 %, puis gelés pour l'année suivante. La taxe sur les travailleurs étrangers a été baissée, ainsi que les loyers des usines " clés en main " gérés par JTC. Des remises sur les loyers des HDB ont été accordées, les taxes portuaires baissées. Et la liste pourrait être allongée.
3. Les hypothèques qui pèsent sur la croissance singapourienne
Tout en restant soutenue, l'activité est entrée, dans les derniers mois, dans une phase de décélération ; la croissance devrait s'établir, d'après les prévisions, entre 5 et 7 % en 2001. Mais les risques d'un ralentissement plus marqué existent :

- en raison de son degré élevé d'insertion financière et commerciale, Singapour reste vulnérable aux aléas de la conjoncture internationale. Le ralentissement brutal de la croissance des Etats-Unis, scénario de plus en plus probable, pèserait sur la croissance, à la fois par des canaux commerciaux et financiers ;

- un retournement du cycle électronique (qui semble s'amorcer) pourrait avoir des effets directs et indirects dommageables pour certains secteurs d'activité (industrie manufacturière mais aussi activités de commerce) ;

- sur le plan interne, alors que le mouvement de reconstitution des stocks touche à sa fin -voire pourrait s'inverser en cas de crise dans le secteur électronique-, la consommation devrait pâtir d'un affaiblissement prolongé de la bourse, alors que les effets richesse avaient été très favorables en 1999 et 2000. Néanmoins, les revalorisations salariales prévues pour 2001 joueront en sens opposé.

A moyen terme, Singapour doit s'adapter à deux défis :

- d'une part, la perte de vitesse des pays voisins qui sont, pour certains, durablement déstabilisés par les conséquences de la crise asiatique. L'intégration régionale n'est pas encore le moteur économique qu'elle pourrait constituer ;

- d'autre part, les problèmes d'adéquation qualitative et quantitative entre offre et demande de travail. Pour pallier cette difficulté, les autorités ont, comme à l'accoutumée, une démarche très volontariste notamment en matière de formation professionnelle et d'ouverture à la main d'oeuvre qualifiée étrangère.





























Le chemin accompli par l'Asie orientale est alors reconnu comme exemplaire : rattrapage économique, montée en gamme technologique, ouverture sur le commerce international, l'Asie du Sud Est gagne sur tous les tableaux et contraste, par la vigueur de sa croissance, avec l'atonie des vieux pays industrialisés.

Tout se passe en effet comme si, après deux siècles d'éclipse, débutant à la révolution industrielle européenne, l'Asie retrouvait la puissance économique qui fut la sienne jusqu'au XVIIe siècle.

A compter des années 1980, les performances économiques de l'Asie du Sud Est fascinent économistes et milieux financiers occidentaux. Les expressions fleurissent pour qualifier le succès des économies émergentes d'Asie : " Dragons ", " Tigres ", " miracle asiatique "...

Le titre d'une publication remarquée de la Banque Mondiale, paru en 1993, après une décennie de croissance prodigieuse, " Le miracle du Sud Est asiatique, croissance économique et politique publique " est particulièrement révélateur de l'attraction intellectuelle exercée par ce modèle de développement. Les pays d'Asie sont cités en exemple pour leurs politiques publiques, actives mais vertueuses, leur spirale du développement, fondée sur l'épargne et l'insertion dans la division internationale du travail et leur bonne " gouvernance " économique.

La sphère pacifique victorieuse semble alors en passe de devenir le centre de gravité de l'économie mondiale globalisée, au risque même, craint-on parfois, d'une marginalisation européenne.


La crise financière asiatique est, entre temps venue balayer nombre de certitudes. Jamais, dans l'histoire économique récente, un groupe de pays ayant connu une réussite aussi fulgurante n'a été frappé aussi durement que les économies dynamiques d'Asie au cours des années 1997 et 1998. Aux turbulences économiques, -passagères pour plusieurs Etats de la zone, mais révélant ici et là les failles d'un modèle de développement qui semblait alors inattaquable- ont parfois succédé des crises politiques et sociales, aux racines autrement plus profondes. La diversité de l'Asie émergente, ensemble disparate, a éclaté au grand jour.

Secoué par la crise financière de 1997 et ses conséquences, éclipsé par l'éveil économique de la Chine, remis en cause par le ralentissement économique japonais, fragilisé par les incertitudes pesant sur la croissance américaine, menacé pour partie par une instabilité politique chronique, qu'est devenu le miracle économique de l'Asie émergente ?

Dans ce devoir on va essayer d’examiner l’un des fondateurs de ce miracle; Singapour. Ayant l’un des premiers partenaires commerciaux de la France, Singapour s’est distingué dans la zone.
Pour comprendre ce miracle nous allons examiner Singapour dès hier jusqu’aujourd’hui soit dans un cadre economique soit dans un cadre sociale.









Après les avoir portées aux nues, faut-il désormais vouer aux gémonies les économies d'Asie du Sud-Est ?

Durant les années 1990, le parcours économique remarquable des nouveaux pays industrialisés d'Asie, les " Dragons " comme Singapour, la Corée du Sud, Taïwan ou Hong Kong, ou la deuxième vague des " Tigres " comme la Malaisie, la Thaïlande, l'Indonésie ou les Philippines, fascine économistes et politiques. Donnés en exemple pour leurs politiques publiques vertueuses, ces puissances émergentes contribuent à forger le mythe d'un miracle économique et à alimenter, en Occident, la crainte d'un déclin.

La crise financière de 1997 change la donne. Alors que les esprits sont occupés par l'essor économique du géant chinois, voire de l'Inde, et que le précurseur japonais sur la voie du développement montre des signes de faiblesse, peut-on courir le risque d'oublier l'Asie du Sud Est ? La France ne doit elle pas au contraire y consolider des positions parfois médiocres sur le plan commercial ?

C'est pour souligner le potentiel de cette région que la Commission des Affaires économiques s'est rendue à Singapour l’un des premiers partenaires commerciaux de la France en Asie du Sud-Est.











TABLE DES MATİERES
Intraduction
I. SINGAPOUR D'HIER À AUJOURD'HUI : UNE MÉTAMORPHOSE SPECTACULAIRE
A. SINGAPOUR HIER
Transition démographique, développement urbain et première diversification industrielle
a) Une transition démographique rapide amorcée dans les années 1960
b) Un développement urbain accéléré, organisé par des agences d'Etat
c) Une première diversification industrielle à l'issue de l'indépendance
B. SINGAPOUR AUJOURD'HUI
II. DU MIRACLE ÉCONOMIQUE À LA SORTIE DE CRISE
A. UN MIRACLE ÉCONOMIQUE QUI SYMBOLISE LA MONTÉE EN PUISSANCE DES " DRAGONS " DU SUD-EST ASIATIQUE
1. L'industrialisation par l'exportation : la voie du rattrapage économique suivie par les NPI d'Asie
a) Un développement industriel massif, tourné exclusivement vers l'exportation
b) Une stratégie de " niches " et de spécialisation
c) Une augmentation corrélative des revenus et de l'épargne
d) Le parti pris de l'insertion dans les échanges internationaux
2. Singapour, un modèle de développement
a) Un pays riche
• Prédominance des services
• Qualité des infrastuructures
• Importance et montée en gamme de la base industrielle
b) Qualité de main-d’oeuvre et absence de chômage
c) Une économie ouverte et une véritable plate-forme régionale
B. LES OUTILS ET LA STRATÉGIE DU DÉVELOPPEMENT
1. La tradition d'un interventionnisme public " éclairé "
2. La culture de l'anticipation : une économie tournée vers l'avenir
a) Un recyclage économique perpétuel
b) La formation de la main d'oeuvre
C. DE LA CRISE À LA CROISSANCE... À LA CRISE ?
1. Un impact mesuré de la crise asiatique de 1997
2. Une flexibilité de l'économie qui a favorisé une reprise rapide
a) La croissance retrouvée dès 1999
3. Les hypothèques qui pèsent sur la croissance singapourienne


















































SİNGAPOUR









B.BAŞAK AKSU
97103118
İKT-4














BİBLİOGRAPHİE

• Eric Bouteiller et Michel Fouquin " Le développement économique de l'Asie orientale ", La Découverte, 1995,

• Denise Flouzat, " La nouvelle émergence de l'Asie ", PUF, 1999.
• Jean Pierre Paulet et Isabelle Nor “ L’Asie et la croissance”, Ellipses, 1996
• OCDE, “ Politiques Industrielles dans les pays de l’OCDE”, 1994

 

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